
SÉCURITÉ ROUTIÈRE

L’alcool tue toujours autant sur la route
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«Dans les accidents mortels, la part des conducteurs avec une alcoolémie supérieure au taux légal demeure à un niveau alarmant » : c’est le constat des spécialistes en sécurité routière et des experts en alcoologie dans leur rapport « L’alcool sur la route : état des lieux et propositions ». En effet, la très forte diminution, de l’ordre de 40 %, du nombre des accidents et des tués dans les cinq dernières années est essentiellement liée à la forte baisse de la vitesse des véhicules ; aucun progrès spécifique attribuable à l’alcool n’a été observé durant le même temps, malgré les nombreuses actions menées contre l’alcool au volant. Ainsi, dans les accidents mortels, la part des conducteurs avec une alcoolémie illégale ( |
majoritairement très au dessus du taux légal : dans les accidents mortels, l’alcoolémie moyenne des conducteurs impliqués est de 1,8 g/L, et plus de 80 % des conducteurs sont au-dessus de 1,2 g/L. Par ailleurs, si l’alcool au volant est concentré la nuit et le week-end, il n’est pas limité aux sujets jeunes mais concerne toutes les tranches d’âge jusqu’à 65 ans. Les 15- 24 ans sont d’ailleurs moins concernés par des alcoolémies de plus de 2 g/L que les autres classes d’âge dans les accidents corporels. Le problème de l’alcool au volant ne se limite donc pas à « l’alcool des jeunes, à la sortie des boîtes de nuit ». L’alcoolisation excessive régulière contribue fortement à l’accidentalité routière sous alcool. Enfin, l’alcool au volant est très lié à la conduite sans permis : pour les accidents corporels, le pourcentage des conducteurs «alcoolisés » sur l’ensemble des conducteurs impliqués, ayant eu leur permis invalidé ou suspendu, est de près de 40 %, contre moins de 5 % pour les conducteurs avec permis. Cette part s’élève même à 70 % dans les accidents mortels.
Des propositions concrètes Pour les experts, l’abaissement de l’alcoolémie légale, souvent préconisé, n’apparaît pas être la bonne solution : « c’est une mesure facile à décider mais |
difficile à appliquer, d’efficacité limitée et surtout qui n’apporte pas de réponse au problème principal du traitement des alcoolémies élevées ». La priorité est donc le renforcement du dispositif actuel pour aboutir à un meilleur respect de la réglementation. Ce renforcement passe d’abord par une meilleure collaboration entre tous les acteurs impliqués – les secteurs sanitaire et médico-social, la justice, les préfectures, les forces de l’ordre –, mais aussi par un investissement dans un programme d’études visant à identifier les pratiques efficaces afin de les diffuser.
Les experts préconisent donc un ensemble de mesures sur des thèmes très variés : communication, éducation routière, actions locales de prévention, contrôles préventifs, action des préfectures en matière de permis de conduire, action de la justice et suivi médico-social. Les principales ont été reprises par le Conseil national de la sécurité routière. 1. L’alcool sur la route : état des lieux et propositions. Comité des experts de la sécurité routière. 2007. www.securiteroutiere.equipement. gouv.fr/cnsr |
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