LE FLEUVE
L'Amazone (en espagnol Río Amazonas, en portugais Rio Amazonas) en Amérique du Sud est l'un des deux plus longs fleuves sur Terre, l'autre étant le Nil, en Afrique. Il prend sa source dans les Andes et se jette dans l'océan Atlantique. L'Amazone a de loin le plus gros débit de tous, transportant plus d'eau que le Mississippi, le Nil et le fleuve Chang Jiang réunis. Il possède également le plus grand bassin hydrographique de tous les systèmes fluviaux.
La quantité d'eau douce rejetée dans l'océan Atlantique est énorme : 209 000 m³/s pendant la saison des pluies(mai-juin). En réalité, l'Amazone est responsable de 18% du volume total d'eau douce déversée dans les océans du monde. Le volume d'eau douce et boueuse déversée est d’ailleurs tel que la salinité et la couleur sont modifiées à encore 300 km des côtes.
Le fleuve est navigable pour les vapeurs jusqu'à Iquitos, à 3700 km de la mer, et pour les plus petits vaisseaux, sur encore 780 km jusqu'à Achual. Au-delà, les petits bateaux utilisent fréquemment le Pongo de Manseriche.
L'Amazone draine une surface de 6 915 000 km², quelque 40 % de l'Amérique du Sud. Il récolte son eau depuis les latitudes 5° nord jusqu’à 20° sud. Ses sources les plus reculées ont été trouvées dans le plateau andin, tout près de l'océan Pacifique. Le fleuve, après une course de 7025 km à travers le Pérou et le Brésil, se jette dans l'océan Atlantique au niveau de l'équateur.
Les pluies saisonnières entraînent des crues, inondant de vastes zones bordant l’Amazone et ses affluents. La profondeur moyenne du fleuve pendant le gros de la saison des pluies est de 40 m et la largeur moyenne est de 40 km. Le niveau de l’eau commence à s’élever en novembre, puis le volume grossit jusqu’en juin, avant de chuter jusqu’à la fin octobre. La crue de son affluent le Rio Negro n’est pas synchronisée ; la saison des pluies ne débute pas dans sa vallée avant février ou mars, en juin son niveau est au plus fort et commence à chuter avec l’Amazone. Le Madeira a, quant à lui, exactement deux mois d’avance sur l’Amazone dans sa crue et sa décrue.
LES CRUES SAISONNIERES
Pendant la saison des pluies, l’Amazone inonde d’un bout à l’autre de son cours sur une surface de plusieurs centaines de kilomètres carrés, couvrant ainsi les plaines inondées. Le niveau du fleuve est, à certains endroits, 12 à 15 m plus haut que pendant la saison sèche. Pendant la crue, le niveau à Iquitos est de 6 m ; à Teffe de 15 m ; près de Obidos, 11 m ; et à Para, 4 m, au-dessus du niveau le plus bas pendant la saison sèche.
Exploitation
Durant les 350 années qui suivirent la première exploration européenne de l’Amazone par Pinzon, la portion portugaise de son bassin resta presque entièrement à l’état sauvage, seulement occupée par des tribus indigènes qui, à cause de la quête difficile de nourriture, étaient divisées en de multiples fragments. Les difficultés rencontrées pour la chasse et la collecte de nourriture, étaient telles que la densité de population de ces régions était probablement inférieure à 1 habitant pour 10 km² de territoire.
Quelques comptoirs ont été établis par le Portugal sur les rives de l’Amazone et de ses affluents, dans le but de commercer avec les amérindiens et de les évangéliser. En 1850, la population totale dans le bassin brésilien de l’Amazone était d’environ 350 000 habitants, dont les deux tiers étaient des européens ou des esclaves, on comptait alors 25 000 esclaves.
La principale ville commerciale, Para, possédait entre 10 000 et 12 000 habitants, esclaves compris. La ville de Manáos, maintenant Manaus, située à l’embouchure du Rio Negro, en comptait entre 1000 et 1500. Les autres villages, jusqu’à Tabatinga / Leticia sur la frontière entre le Brésil, la Colombie et le Pérou, étaient relativement modestes.
Le 6 septembre 1850, l’empereur, Pierre II du Brésil, autorisa la navigation des vapeurs sur l’Amazone, et délégua à Barao Maua (Irineu Evangilista de Sousa) la tâche de mettre cela en œuvre. Il fonda la « Compania de Navigacao e Commercio do Amazonas » à Rio de Janeiro en 1852 ; dans les années qui suivirent il débuta les opérations avec trois petits vapeurs, le « Monarch », le « Marajo » et le « Rio Negro ».
Au départ, la navigation se limitait au fleuve principal. En 1857, le gouvernement obligea la compagnie à effectuer un service mensuel entre Para et Manáos avec des vapeurs d’une capacité de 200 tonnes, une seconde ligne, effectuant six liaisons par an entre Manáos et Tabatinga, et une troisième reliant deux fois par mois Para et Cameta. Ce fut un premier pas vers l’ouverture du vaste espace intérieur.
Le succès rencontré par cette entreprise attira l’attention sur les opportunités d’exploitation économique de l’Amazone, bientôt une seconde compagnie fut créée et entreprit son commerce sur le Madeira, le fleuve Purus, et le Negro ; une troisième établit une liaison entre Para et Manáos ; et enfin une quatrième trouva bénéfique de faire naviguer les plus petits vapeurs. Durant cette même période, la Compagnie de l’Amazone agrandit sa flotte, et de petits promoteurs privés se lancèrent avec leur petit navire à vapeur sur l’Amazone et ses affluents
Le 31 juillet 1867, le gouvernement brésilien, sous pression constante du pouvoir maritime et des pays encerclant le bassin amazonien supérieur, décréta l’ouverture de l’Amazone à tous les pavillons, tout en la limitant par des points définis : Tabatinga sur l’Amazone, Cameta sur le Tocantins, Santarem sur le Tapajos, Borba sur le Madeira, et Manáos sur le Rio Negro. Le décret prit effet le 7 septembre 1867.
Manáos (Manaus), Para et Iquitos sont maintenant des villes commerciales prospères. Les premiers échanges commerciaux entre l’étranger et Manáos débutèrent en 1874. Le commerce local fut ensuite mené par le successeur britannique de la Compagnie de l’Amazone : « the Amazon Steam Navigation Compagny » (la Compagnie de Navigation à Vapeur de l’Amazone) ainsi que par les multiples petites compagnies de vapeurs engagées dans le commerce du caoutchouc. Les principales exportations de la vallée étaient le caoutchouc, le cacao, les noix brésiliennes et quelques autres produits d’importance mineure.
Inquiétudes du XXe siècle
Quatre siècles après la découverte de l’Amazone, le total des surfaces cultivées dans le bassin amazonien était probablement inférieur à 65 km², incluant les surfaces grossièrement cultivées des montagnes entourant les cours supérieurs de l’Amazone. Cette situation a dramatiquement changé durant le XXe siècle.
La déforestation galopante est sans doute à l'origine de la grave sécheresse de 2005 qui a entraîné une baisse spectaculaire du niveau de l'Amazone, d'une amplitude jamais vue auparavant. Pour l'année 2005, 928 km² de forêt amazonienne ont été détruits dans le sud de l'État de l'Amazone selon les données du SIPAM (Système de protection de l'Amazone du Brésil), l'aire touchée par la déforestation atteint les 12 445 km² rien que dans cette région. Le défrichement concerne même des zones pourtant protégées par les autorités.
